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ALEP,
UNE PERLE DANS LE DESERTIS
Carlos Freire
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Voyager en Syrie donne au visiteur
le privilège du partage de la beauté et de la civilisation
liées à l'histoire de l'humanité. Alep est
une ville d'histoire ancienne, qui remonte à 4 500 ans, ville
qui m'a toujours fasciné, et que je n'ai pu visiter pendant
longtemps, mais un jour de la deuxième moitié du vingtième
siècle, ce rendez-vous toujours ajourné s'est finalement
concrétisé . Le 12 septembre 2001 je prenais la route
d'Alep ... par avion.
L'histoire d'Alep est liée
à l'histoire de la civilisation arabe dans ce qu'elle a de
plus raffinée : sa musique, ses poètes, les écrivains
qui se sont arrêtés pour écrire une partie de
leur oeuvre, cette perle du désert garde l'esprit de tous
ces visiteurs étrangers, les sons de leur musique, les voix
apportées par le vent avec leur poèmes, leur textes.
Cette ville extraordinaire offre
aux voyageurs de passage une vision urbaine cosmopolite, réalité
qui se mélange au rêve de califes et princes. En 940
de notre ère Alep est une ville de grandes richesses mais
aussi de grande culture, avec des maisons importantes, des palais
qui attiraient l'ambition de conquérants divers, avec des
guerres sanglantes.
Le visiteur qui marche dans
le long labyrinthe de son souk millénaire prend la mesure
de l'importance de son commerce si variée, toujours vivant.
Commerce alépin, ce passe-temps qui justifie des existences
concentrées dans la pratique de l'échange, prétexte
pour oublier l'innommable, aboutissement civilisé d'une recherche
d'équilibre. Jeu de vie, pas plus.
Se trouver en face de la citadelle,
aller dans les cafés qui bordent la petite route qui contourne
cette place forte, rencontrer l'autre qui parle et accueille de
manière hospitalière le visiteur, ces sensations donnent
l'impression de la douce vie proche-orientale. Alep a une dimension
de ville contemplative, malgré ses nombreux habitants , grâce
à son architecture en pierre et bois gracieuse et variée.
Mon attirance pour Alep est
réelle et profonde. Elle est celle d'un homme qui aime aller
voir la vie des lieux dans leur merveilleuse banalité du
quotidien ... cette ville offre encore, comme Naples, Alexandrie,
Smyrne, Trieste, et d'autres, la possibilité de cette découverte
non décevante d'énergie de vie. Ce registre de mon
passage par Alep ne se veut d'aucune manière un « document
» sur la ville, ni un « reportage » sur l'activité
de ses habitants. II s'agit peut-être de retracer les vestiges
des origines de ces lieux d'esprit dans le décor contemporain.
C'est aussi ma volonté
d'avoir mon regard posé sur des lieux un peu oubliés
et méconnus de beaucoup, où des hommes et des femmes
éloignés du jeu du pouvoir désiré par
certains, vivent en paix dans l'héritage direct d'une grande
civilisation. Un regard qui se veut généreux, certes,
un regard qui se porte garant de la volonté de paix de cette
population, qui naît, vit, et meure dans un paysage transcendent,
paysage qui transporte le visiteur venu d'une autre culture dans
le pallier de la lumière original, celle du commencement
du monde civilisé. Alep, ville de haute civilisation, située
dans l'axe de la vie, de la poésie du quotidien, visité
par des esprits en quête de repos ... et de rencontres avec
la civilisation crée par l'homme.
Alep, perle du désert, qui appartient à nous tous,
ville-vie, au départ de notre histoire.
Carlos
Freire.
matin du 2 mars 2004.
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